C'est un vote sans surprise qui clôture jeudi soir l'examen du budget communal rochois. L'ordinaire est approuvé majorité contre opposition, tandis que les investissements, autrement dit l'extraordinaire, recueillent tous les suffrages.

L'une des principales passes d'armes de la soirée a trait à la subvention communale réservée à l'ASBL Aide médicale urgente (AMU), présidée depuis sa création par Michel Leclerc, ex-échevin, désormais chef de file d'une des branches de la minorité (Ensemble).

Son colistier Roger Pereaux met le feu aux poudres en constatant que si le subside reste égal à ce qui était programmé l'an dernier, soit 7 500 €, il s'étonne que l'ASBL n'ait perçu que 5 000 € pour l'exercice 2007.

«Le reste sera versé dès l'instant où vous accepterez que cette ASBL ne soit plus votre propriété», assène le bourgmestre.

Pour Jean-Pierre Dardenne, l'ASBL ne respecte pas la composante actuelle du conseil communal. De l'autre côté de la table, par contre, et ce, depuis des mois, chacun s'appuie sur les statuts de ladite ASBL et notamment sur celui qui précise que les membres fondateurs sont sortants et rééligibles lors des assemblées générales.

«Tu fais du chantage à l'aide médicale urgente dans ta commune. Cette ASBL est souveraine; elle n'appartient à personne», lâche Jean-Luc Pierre à l'adresse du mayeur, qui n'en démord pas. « Sa composition doit reflétercelle du conseil communal. C'est tout.»

Intercommunale : oui, mais...

Sur sa lancée, Jean-Luc Pierre demande au bourgmestre s'il entend rallier la future intercommunale unique en chantier pour les hôpitaux. «À condition que le prix à payer soit raisonnable, prévient Jean-Pierre Dardenne. Si on nous demande de payer le même montant que ceux qui sont là depuis quinze, seize ans, oui, cela peut poser problème»

«Mais toi, cela fait quinze ans que tu ne fais rien, que tu ne fais preuve d'aucune solidarité. Tu es l'exemple de la province», ricane Jean-Luc Pierre.

«Mais nous, nous sommes loin des profits qu'en tire Marche par exemple», réplique encore Jean-Pierre Dardenne.

Une patinoire fin d'année?

Pour le reste, dans sa déclaration, le mayeur insistera sur l'ampleur des travaux en cours cette année, sur la stabilité de l'imposition et sur des projets innovants, comme la volonté de diminuer les charges énergétiques ou l'aménagement d'une «patinoire féerique» fin d'année.

Michel Leclerc, lui, estime que les ventes de bois pour 2008 sont sous-évaluées. S'arrêtant aux dépenses du personnel, le conseiller constate que certains agents ont pu bénéficier d'une revalorisation en février, mais pas d'autres.

Son discours visant à démontrer que l'augmentation de la taxe sur l'enlèvement des immondices permet à la commune de faire des bénéfices est, par contre, vivement contesté par le bourgmestre. Chiffres à l'appui, ce dernier affirme que l'équilibre sera difficilement atteint.

Victor Forgeur (min. Renouveau) constate, pour sa part, que le bas de laine grossit encore de 79 000 €. «C'est bien d'avoir une pomme pour la soif, mais il ne faut pas ponctionner le citoyen comme vous le faites. D'autant que le pouvoir d'achat diminue. Même des couples qui travaillent à deux éprouvent des difficultés et on fait du bénéfice sur leur dos», estime le conseiller. Jean-Pierre Dardenne affirme que les travaux actuels sont payés en bonne partie par ce bas de laine et que ces «investissements vont redynamiser toute l'économie locale».

«D'accord, ponctue Victor Forgeur. Mais on a ponctionné les gens pendant quinze ou seize ans sans faire de travaux.»