Elle n'est pas si loi ntaine l'époque où, pour boire une limonade, il fallait se rendre au café du village. Véritables lieux de convivialité, les bistrots des patelins faisaient partie intégrante des paysages ruraux.

«J'ai vécu la fin des cafés de village traditionnels, il a fallu inventer de nouvelles ressources», se souvient Jacques Jaminon, du café le Vieil Engreux, à Mabompré, en province de Luxembourg.

Créer des lieux de référence

Un témoignage dans le cadre de la séance d'information sur le projet pilote des «Bistrots de terroir», au Salon Horecatel, à Marche-en-Famenne. La fédération Horeca Wallonie a été chargée par la Région wallonne de mener une réflexion sur la revalorisation des cafés de village, en référence au modèle des «Bistrots de pays», des réseaux élaborés dans certaines régions de France.

«Un café reste l'âme d'un lieu. D'autant plus dans un village, parce qu'il reste le lieu de référence, un lieu culturel vivant. Mais pour cela, il faut que celui qui gère l'établissement soit curieux par rapport à son patrimoine. Le café, au milieu du village, doit être un lieu d'information», explique le cafetier de Mabompré.

Selon l'idée de départ, les cafés estampillés «Bistrots de terroir» se feront les relais de l'information touristique, en mettant en avant les évènements et les attractions. Tout en valorisant les produits locaux, par un service et un accueil de qualité.

«J'ai laissé une note au syndicat d'initiative. Si c'est fermé, les gens peuvent venir chez moi. J'ai même commencé des cours de néerlandais », est fier de mentionner Jean-Paul Boegen, tenancier du Relais d'Estalle, à Étalle.

«Dans le tourisme, le terroir est important. Cela génère des courts séjours et des excursions dont les cafetiers sont les maillons essentiels», explique Pierre Poriau, secrétaire général de la fédération Horeca Wallonie.

Un geste du ministre Lutgen

Actuellement, ce réseau des «Bistrots de terroir» n'en est qu'au stade de l'étude de faisabilité.

Une enquête de terrain sera réalisée chez les cafetiers de juin à septembre.

Des bistrots aux quatre coins de la Wallonie se sont déjà pris au jeu et ont demandé à prendre part à cette étude.

Parmi eux, la brasserie du Casino, à Chimay; le café des Sports de Faulx-Les Tombes; le Bistrot, à Rhisnes ou la Renaissance, à Ferrières. «Des bistrots qui ont une âme, dixit Pierre Poriau. Bonne nouvelle, se réjouit le secrétaire général de la fédération. Le ministre Lutgen nous a demandé de déterminer certains critères, parce qu'il veut agir. Par une aide à l'investissement qui serait accordée aux cafetiers dans le cadre de ce projet».