À une époque où le capitalisme règne en maître quasi absolu dans les pays industrialisés, il rencontre également quelques opposants d'extrême-gauche. Si l'image de ces marxistes contemporains a aujourd'hui une connotation négative et quelque peu moribonde, on remarque un retour ciblé de ces grands idéalistes. Comme à Chypre où l'élection du candidat Demetris Christofias à la présidence du pays redonne au communisme ses lettres de noblesse.

Bien plus près de chez nous, dans la commune de Courcelles, connue pour ses bastions communistes, il demeure encore aujourd'hui de fidèles défenseurs de la Révolution de 1917. Menée par Robert Tangre, l'Union communale progressiste et wallonne fête, cette année, son vingtième anniversaire. Née d'une alliance entre le Parti communiste, le Rassemblement wallon et d'une série d'indépendants progressistes, l'UCPW détient un siège au conseil communal. C'est la «liste à Robert», disent les Courcellois.

«Vive la république!»

Un Robert Tangre qui rejoint le Parti communiste en 1974 aux côtés d'un militant et homme politique de renom pour qui il ne cache pas son admiration. Avec 50 années de mandat politique en tant que conseiller, puis parlementaire au Sénat, Georges Glineur est devenu une figure emblématique du communisme. Six ans après son adhésion au parti, il vient en renforcer les rangs au conseil communal de Courcelles, en 1938. Au sein duquel, il continue ses combats malgré l'occupation nazie. À l'issue de la guerre, le PC obtient trois sièges au conseil communal. Une position que le parti gauchiste n'arrive pas à maintenir dans les années cinquante. Le parti perd d'ailleurs une de ses figures de proue : le parlementaire communiste liégeois, Julien Lahaut, dans un épisode qui a marqué l'histoire du communisme belge. En 1950, lors de la prestation de serment de Baudouin comme prince royal, on entendit dans l'assemblée une voix s'écrier : «Vive la République! «Ce fut un véritable tollé. On a tout de suite attribué ce cri à Lahaut, ce qui lui a coûté la vie. En réalité, il s'agissait de Georges Glineur», rapporte Robert Tangre.

Exposition d'hommage

Aux élections de 1958, Glineur est le seul élu communiste, ce qui lui a valu d'être approché par la droite pour occuper le poste de bourgmestre. «Glineur a refusé, il ne voulait pas gouverner avec la droite», explique Robert Tangre.

En 1988, ce dernier succède à Glineur et crée la liste de l'UCPW. En vingt ans, le parti a dû faire face à l'arrivée de nombreux concurrents dont le PTB et Écolo. «En 2006, le Front national a pris des voix à toute la gauche. Ce qui fait de moi aujourd'hui le seul communiste au conseil communal.»

Dans son local, rue Albert Lemaître n° 1 à Courcelles, l'UCPW poursuit ses activités à la fois politique et culturelle. Comme la mise en place d'une exposition pour rendre hommage à Georges Glineur que le public pourra découvrir dès la semaine prochaine jusqu'à la fin du mois de mars. L.Fi.