Nous l'avons écrit l'été dernier : la maintenance de la station de contrôle des satellites de l'agence spatiale européenne (ESA) a été confiée pour dix ans à la société Redu Space Services (RSS). C'est la Vitrociset qui en avait la charge jusque-là. RSS est une société belge née du partenariat de la firme grand-ducale SES Astra techcom (qui fabrique, gère et contrôle des satellites commerciaux notamment pour les chaînes de Tv européennes) et Verhaert Space (spécialisée dans l'intégration de systèmes scientifiques spatiaux et de satellites complets).
C'est dire si l'infrastructure de la station ESA à Redu est stratégique. Pourquoi? Les raisons ont été présentées hier, à la station par les responsables de Redu Space Services et de l'ESA à la députation provinciale, Idélux et au gouverneur Caprasse.
1 Développer le site actuel. Outre la maintenance et le contrôle des satellites de l'ESA, Redu Space Services a la mission de développer des activités commerciales sur le site et cela, c'est nouveau. C'est conforme à la convention qui avait été signée entre la Recherche scientifique (Gouvernement fédéral) et l'Europe.
Première concrétisation : si, sur son site de Betzdorf au Grand-Duché, SES Astra développe des services pour le privé et notamment pour les chaînes de télé, elle a décidé de faire de Redu une vitrine qui lui permettra de vendre son savoir-faire aux institutions (ESA, Otan, etc.) et aux gouvernements.
2 Utiliser Redu pour vendre des satellites commerciaux d'observation. On le sait peu, mais le premier satellite 100 % belge, c'est Proba-1 lancé en collaboration avec l'ESA en 2001. Il a été réalisé notamment par Verhaert Space. Cette société a contribué aussi à la construction de Proba-2 qui sera lancé dans quelques semaines pour observer le soleil.
Fort de cette expérience, Redu Space Services va développer des satellites commerciaux du même type pour les vendre aux pays ou institutions qui veulent faire de l'observation de la terre. Et les clients qui achèteront ces appareils pourront venir se former à Redu. C'est une offre à haute valeur ajoutée très rentable pour RSS.
3 Un investissement de 500 à un million d'euros. Redu Space Services se positionne comme le centre de référence en Europe du contrôle de satellites ESA et commerciaux en orbite basse et géostationnaire (appelés satellites IOT). La station ESA de Redu bénéficie déjà d'une infrastructure. Pour ce faire, SES va mettre au point un nouveau système IOT à Redu et investira entre 500000 euros et un million d'euros. D'autres investissements sont à l'étude comme l'installation de nouvelles bandes de fréquence.
4 Le GPS européen Galileo se développe à Redu. Autre bonne nouvelle : l'ESA a confirmé Redu comme site unique, d'où seront testés en orbite tous les satellites de la flotte Galileo. Cela représente une trentaine de satellites à gérer depuis Redu. Non seulement on planche sur l'installation d'une nouvelle antenne de 20 mètres de haut, mais aussi sur d'autres moins hautes et sur une infrastructure spécifique au sol.
5 Autre nouveauté : Redu, centre de gestion de données vidéos, internet, etc. Redu Space Services va jouer un rôle important dans la communication, tant pour les signaux vidéo que pour les données numériques de tous les types, y compris l'observation de la terre.
Du coup, en plus d'un centre de compétence en navigation (Galileo) et d'observation de la terre (Proba), Redu devient incontournable dans le domaine de la communication.