Da ns son bureau du parc Créalys des Isnes, Vincent Granville, 45 ans, administrateur de la société AS Concept (Accounting System) sourit devant une vieille machine «comptable» à ressorts des années 50. Un cadeau archaïque qui rend presque incroyable le progrès réalisé en si peu de temps. «Et on n'est encore qu'à la moitié du chemin» assure cet ingénieur commercial de Solvay (ULB) converti aux nouvelles technologies.
Vincent Granville a pris une longueur d'avance. AS Concept vient de mettre au point un performant système de facturation électronique baptisé eKYONA. Pas tout seul. AS Concept a le sens de l'équipe. Sa philosophie est collaborative, selon le principe que l'union fait la force.
Pour mettre au point son produit novateur, la toute petite entreprise (6 personnes, lui compris) a jeté des ponts avec d'autres PME actives dans ce secteur en perpétuel mouvement. Vincent Granville cite Openweb, PMIgest, Docledge etc, afin d'offrir aux clients la solution la plus complète, la plus aboutie, nourrie des compétences des uns et des autres.
La facturation électronique est l'avenir. Tôt au tard, elle damera le pion au papier. Belgacom l'a lancée dans le courant de 2007 avec le logiciel certipost. Le groupe Carrefour a été précurseur en utilisant factures et bons d'envoi sous forme électronique. Les banques disposent aussi d'un logiciel propre, Isabel.
Ekyona arrive en 3e position. Un produit présenté comme innovant, plus souple d'utilisation, plus léger, plus convivial. «C'est plus récent donc moins coûteux» affirme Vincent Granville.
Le produit est en phase de démarrage après deux années d'élaboration. Il a été conçu en 2006, à une époque où l'on ne parlait pas encore de ça.
Un simple clic...c'est envoyéAS Concept a réalisé l'étude fonctionnelle et fait appel à un génial ingénieur informaticien, Bertrand Fontaine (une référence paraît-il) de la société bruxelloise Inspire IT - pour la traduire en langage de programmation sur le web. C'est donc chose faite. Ici, en guise de test, M. Granville a expédié une facture de 20 €, en format PDF, à Vers l'Avenir via le web. On remplit des cases, un simple clic et c'est envoyé.
Cet administrateur de société voit deux avantages notables à la facturation électronique : D'abord, le coût. «On fait l'économie du timbre, du papier, de la manutention». Mieux, «on peut contrôler sa traçabilité et donc voir si la personne l'a chargée. C'est donc plus de sécurité à un coût moindre» ajoute M. Granville. Plus de risque non plus qu'une facture s'égare et ne parvienne pas à son destinataire.
Second avantage : celui qui la reçoit sait l'intégrer directement dans son système et, plus besoin d'aller aux archives, le comptable la retrouvera tout de suite. Adieu donc les facturiers s'empilant sous la poussière de la cave.
Que fait encore une majorité de petites sociétés? Elles confient leurs documents comptables à des fiduciaires. «La mise en ligne de cette poste virtuelle pour factures permettra un gain de temps. Les sociétés n'auront plus à apporter leurs documents, ce seront des milliers de kilomètres en moins et ça en moins de pollution» conclut avec enthousiasme Vincent Granville. Comme quoi, pas de doute, les nouvelles technologies nous changeront un jour la vie.P.W.