«Je l'avoue : on était nous-même un peu étonnés car on ne s'attendait pas à un tel engouement.» L'engouement, c'est pour la pétition qu'a lancée le comité de quartier des riverains de l'ancienne râperie, à Waremme, le week-end dernier. Pétition qui cible le projet Matexi, son gigantisme inapproprié au lieu où il devrait s'implanter. 298 logements, une zone PME, des parkings, une crèche d'entreprise sur le site de l'ancienne râperie, c'est inadéquat. Selon la vingtaine de membres de ce comité qui, depuis l'annonce du projet, est monté au créneau. Ou plutôt dans les rues puisque dès le week-end dernier, ils ont fait du porte-à-porte en récoltant un certain succès d'ailleurs.

Rue Fond d'Or et avenue Vandervelde, deux rues que le comité a sensibilisé à ses arguments. Et là, 175 habitants appuient l'opposition de ses membres au projet Matexi. «Nous avons eu un taux de participation de 80 %, note Gunther De Kerpel, porte-parole du comité. Et 95 % d'entre eux ont signé la pétition. Nous, on s'attendait à 60 % de participation. Car cela nous apportait une certaine crédibilité.» Alors 80 %... Outre les riverains de ces deux rues, d'autres ont réagi. Et apposé leur signature en bas de la pétition : une quarantaine d'habitants de la rue Malvaux soutient leurs voisins. La raison? La pénétrante, cette rue qui, ils le craignent, embouteillera tout un quartier. «Ils craignent le ghetto social», affirme Gunther De Kerpel.

Lundi soir, les membres du comité seront à Waremme. À l'hôtel de ville où ils rencontreront le bourgmestre et ses échevins. Une entrevue pas uniquement amicale puisqu'ils leur remettront la pétition. Et développeront leurs arguments... s'ils en ont l'occasion. «Nous avons demandé à rencontrer l'échevin Robert Meureau à deux reprises. Mais dès qu'on mentionnait le nom de Matexi, cela ne marchait pas. Guy Coëme a bien voulu nous recevoir et on a pu discuter du projet.»

Depuis, le comité a listé les points qui soulèvent ses questions. Tout en demandant, aujourd'hui, plusieurs points repris dans la pétition. Comme l'amélioration de la sécurité routière dans le quartier, la conservation de la qualité de vie, moins de logements et pas de buildings, pas d'entrée par la route Vandervelde, la création de ronds-points chaussée romaine et au carrefour du Fond d'Or avec Vandervelge, la construction d'un bassin d'orage avant le début des travaux ainsi que l'installation d'un système d'égouttage... Des revendications que le comité ne manquera pas de défendre lundi.