À quelques jours de la Journée des artisans, les 450 ateliers belges que la population pourra découvrir dimanche, s'activent. C'est le cas sur les hauteurs de Wépion où Carine Bonzi range son coin de travail. Elle participera pour la première fois à cette journée de rencontre. Sa passion, qui s'est transformée petit à petit en métier, est tout à fait originale et guère connue dans nos régions : elle est créatrice d'ours de collection et d'animaux en fourrure.

«Un rêve de petite fille»

«Je fais des peluches depuis six ans, explique Carine. Lors d'un repas avec des amis, je disais que mon rêve serait de faire des peluches. Une amie m'a alors dit qu'elle connaissait quelqu'un qui exerçait. J'ai donc suivi des cours pendant un an et j'ai pu réaliser mon rêve de petite fille grâce à elle

Une passion débordante qui occupe une large pièce de la maison de Carine. Un monde de couleurs et d'animaux aux quatre coins de l'atelier. Les nombreuses étagères et tiroirs couvrent les murs. Chaque place à sa fonction : le coin des tissus de fourrure, la place des ustensiles métalliques sans oublier l'étagère réservée aux peluches.

Au milieu, un grand tréteau, agrémenté d'un bureau. Le lieu de fabrication par excellence. Il y traîne encore les derniers loups en peluche et les futurs projets comme cette souris dont émane une berceuse. Près de la fenêtre, allongé sur un divan, un énorme rat de la taille de cinq nouveau-nés. Il s'agit en fait de la chambre dont tout jeune enfant rêve. Un lieu d'émerveillement lorsqu'on a son regard de bambin mais il reste avant tout un lieu de travail. Carine fonctionne selon deux créneaux de fabrication. Premièrement, les peluches jouets, lavables en machine. le prix varie entre 15 et 60 €. Deuxièmement, les ours à l'ancienne. C'est-à-dire qu'ils sont articulés mais ne sont pas considérés comme des jouets. Il faudra dès lors débourser environ 200 € pour acquérir un «teddy».

Changement d'optique

Le temps de travail pour une peluche diffère selon les modèles. En moyenne, huit heures sont nécessaires à la réalisation. Attention, les peluches sont certifiées par un logo et une preuve écrite. Elles sont uniques. «Pas question de copier plusieurs fois un modèle», souligne cette accro du détail.

Au départ, le hobby créatif s'est révélé comme un loisir mordant. Mais pour l'ancienne gestionnaire économe de l'école hôtelière provinciale, l'optique évolue. «J'ai arrêté mon précédent travail. Ce n'était plus ce que je voulais faire lorsque j'ai découvert la magie des peluches. J'ai entrepris une formation en développement d'entreprise à la maison des artisans de Maredret. Disons que j'entre dans une légère logique commerciale mais je ne veux pas parler d'entreprise au sens large. Si je commence à stresser dans mon travail, je ne saurai pas m'épanouir.»

Les changements sont malgré tout visibles. Un nom de société : «A-pluche... Si affinités», un folder de présentation, une carte de représentant, un site internet. Mais on est loin de la «businesswoman». «La passion restera. Mon objectif principal est de couvrir les achats des matières premières par mes ventes. Pour l'instant, il est atteint. Par ailleurs, j'organise des soirées et des stages pour partager mon expérience avec les plus jeunes et les adultes.»

Carine Bonzi : rue Lecomte, 108 à Namur, 0475/845625, 081/470076.