Le baron De Bonvoisin et les faux du KGB
(photo Belga)
Le baron Benoît de Bonvoisin est accusé d'avoir récolté des faux documents pour se sauver d'un procès financier.
Hier, le baron Benoît de Bonvoisin était devant la 54e chambre du tribunal correctionnel de Bruxelles où il est accusé d'être impliqué dans un dossier de faux et usage de faux.
L'instruction d'audience fut particulièrement mouvementée puisque le baron a décidé de claquer la porte du tribunal après un débat à sens unique avec les trois juges qui étaient en face de lui. De Bonvoisin estime être victime dans une affaire où il est complètement étranger. «C'est un coup tordu. C'est un montage. Même des magistrats l'ont confirmé, ce qui va à l'encontre de Monsieur le procureur présent aujourd'hui. Où est l'unicité du parquet?», a-t-il clamé haut et fort.
Toute l'affaire éclate le 30 mai 1995 lorsque Mario Spandre, alors avocat du baron et aujourd'hui décédé, dépose une lettre auprès du procureur. Objectif : obtenir la réouverture des débats dans un procès financier où le tribunal doit rendre son jugement huit jours plus tard. De Bonvoisin n'obtiendra pas satisfaction.
Pourtant, il déposera encore deux fardes contenant de nombreux documents. Aujourd'hui, on sait que ces documents sont faux. Très vite, cette affaire a été surnommée «les faux du KGB», et cela parce que ces documents accusaient le KGB de rémunérer des personnalités belges (notamment des magistrats).
Hier, l'un des coprévenus, Christian A., a confirmé avoir partiellement participé à cette mascarade pour rendre service à de Bonvoisin. En échange, ce dernier devait lui fournir un job en Afrique, à savoir garde du corps de Mobutu.
Le second coprévenu déclare en revanche qu'il n'a jamais eu connaissance de ces documents, jusqu'au jour où la police judiciaire les lui a proposés.
Pour l'avocat du baron, Me Julien Pierre, le débat de fond n'a de toute façon pas lieu d'être. «Les faits sont de toute évidence prescrits. La période infractionnelle se termine au 16 mars 1996. En tenant compte des actes interruptifs, on arrive à la date du 24 août 2007. Depuis cette date, les faits sont prescrits.» Si c'est le cas, de Bonvoisin ne peut pas être jugé sur le fond, et a fortiori condamné. Pourtant, hier, le procureur Jean-Marie Mawet, a considéré pour sa part que les faits n'étaient pas du tout prescrits, compte tenu du fait qu'il était très difficile de déterminer à quel instant cesse l'usage du (ou des) faux. «J'en veux pour preuve, dit-il que de Bonvoisin a estimé, en 2001, que mon réquisitoire était faux en se basant sur... des faux. Preuve s'il en est que l'usage de faux a continué après la fin de la période infractionnelle».
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