L'acquittement jeudi des sept militants présumés du mouvement turc d'extrême gauche DHKP-C pour appartenance à un groupe terroriste est une gifle et une leçon de droit pour le parquet fédéral, a estimé vendredi le sénateur Ecolo Josy Dubié lors d'une conférence de presse du Comité pour la liberté d'expression et d'association (CLEA) et la Ligue des droits de l'homme.
"Le procureur fédéral Johan Delmulle se prend pour Rambo", affirme Josy Dubié. "Il doit être remis à sa place: le parquet fédéral n'est pas un Etat dans l'Etat. Le verdict de la cour d'appel d'Anvers est une gifle au parquet fédéral et, plus que cela, une véritable leçon de droit."
Le sénateur se réjouit de voir que les institutions (judiciaires, ndlr) fonctionnent bien. "Tout le monde a tenu son rôle", a-t-il commenté.
Pour lui, la tentative d'extradition vers la Turquie de Bahar Kimyongür, porte-parole du DHKP-C et citoyen belge, est devenue une véritable affaire d'Etat. "Elle a été menée pour des raisons purement électoralistes pour une ministre (la socialiste Laurette Onkelinx, alors à la Justice) qui voulait attirer les votes des Turcs dans sa commune de Schaerbeek", assène Josy Dubié.
Le sénateur cite le rapport du Comité R (Comité permanent de contrôle des services de renseignement) qui parle de "scénario machiavélique". Lors d'une réunion, le 25 avril 2006, le parquet fédéral avait été chargé de prendre contact avec son homologue néerlandais pour lui demander d'arrêter Bahar Kimyongür afin de le livrer ensuite à la Turquie. La Belgique ne peut en effet pas extrader un de ses ressortissants.
Josy Dubié a également produit une copie du procès-verbal de cette réunion, qui acte la présence de la chef de cabinet adjointe de Laurette Onkelinx.
Il a enfin incité Bahar Kimyongür à activer l'article 233 du code pénal, qui réprime dans le chef d'individus ou de corps dépositaires de l'autorité publique, le concert de mesures contraires aux lois et aux arrêtés royaux, commis par députation ou correspondance entre eux.