Claire, plus de 60 ans sur scène - 12/02/2008

Bouillon - Claire Hanus pétille de théâtre depuis plus de 60 ans. Dans «Peaux de chambres» avec les comparses de la troupe Saint-Louis.

Claire Hanus, votre première expérience théâtrale remonte à plus de soixante ans ?

C'était en 1946, j'avais 15 ans. Ma première réplique était «Vive la Belgique !» dans une pièce écrite par la présidente du patro.

J'avais une dizaine de phrases à dire, dans le rôle d'un jardinier, dans une pièce qui parlait de la résistance. J'ai toujours aimé faire le clown, et comme j'étais douée, on m'a ensuite affublée de plus grands rôles.

Vous avez joué dans des pièces d'un peu tous les styles : drames, surréalisme, comédies.

Que préférez-vous ?

J'aime bien tous les rôles, avec une préférence pour le comique, le vaudeville, ou un bon policier, du moment qu'on rit.

Une réplique qui vous a marquée ?

Dans Les enfants d'Édouard, je donne la réplique à mon époux : «Enfin, Molino, si vous aviez été un mari acceptable, il y a longtemps que je vous aurais épousé !» Dans la réalité, c'était fait !

Gilberte, une psychopathe

Votre aventure avec la troupe Saint-Louis de Bouillon ?

Ils m'ont recrutée en 1963 pour jouer dans Notre-Dame de la mouise.

J'étais une mendiante, poivrote, illettrée et je traînais mes deux enfants : un rôle qui m'allait comme un gant. Dans une des scènes, une dame patronnesse m'apprend le tricot : «Une maille à l'endroit, une maille à l'envers, et puis je lâche tout» et je joins le geste à la parole.

Mémoriser les répliques est un travail de longue haleine. Comment s'y prend-on ?

Je n'ai plus la possibilité d'étudier mentalement. Il faut que j'écrive les textes pour les retenir.

Je copie plusieurs fois tout le rôle. Certaines tirades, je les écris jusqu'à 50 fois. Dès que j'ai un quart d'heure, je m'y remets. Il m'arrive d'ajouter un mot, ça m'aide.

Mais, dans l'ensemble, je ne change rien, je respecte l'auteur.

La nouvelle pièce «Peaux de chambres» sera jouée huit fois à partir du 22 février. Quel est votre rôle ?

J'incarne Gilberte, une psychopathe paralysée.

La pièce est un peu déjantée. Elle se passe dans une maison de retraite.

Cela fait six mois qu'on répète.

Maintenant, il est temps qu'on joue, pour concrétiser tout ce qu'on a préparé.

Interview : Claudine DE BOUVER (L'Avenir Luxembourg)