Pour l’éditeur Armand Colin, « Ces planches formeront un ensemble sans précédent, d’un intérêt et d’une beauté exceptionnels, une véritable histoire graphique de la guerre, un souvenir incomparable de la grande guerre que nous vivons ». Cet argumentaire très « détaché » pourrait choquer. Il ne faut pas oublier que nous sommes en pleine guerre et qu’il faut préserver le moral des troupes et des familles.

Sur les photos, pas de boues, pas de sang. Pas de douleur. Mais des exercices, des scènes de la vie quotidienne. De la détente comme pour montrer que finalement, même dans des conditions extrêmes les soldats français avaient une vie "presque" comme les autres. Ainsi dans un des mots d'introduction d'un des fascicules on peut lire: "Nulle part le soldat n'est privé des moyens de faire sa toilette, de procéder au lavage du linge".

Sur le quatrième de couverture, l’éditeur signale que ces albums sont « sous le contrôle de l’autorité militaire ». Nous en sommes en situation de guerre. Il ne s’agit pas de divulguer « par méprise » des informations à l’ennemi, ni de miner l’élan patriotique.

Ces photos sont donc celle d'une guerre un peu idéalisée. Elles se veulent réconfortantes et pédagogiques. La photo de la douche (la dixième de notre diapo) est ainsi longuement expliquée: "Une roue à aubes, plongeant dans un chenal, donne le mouvement par le concours d'un étrange appareil ayant pour noyau une roue de bicyclette et dont les rayons et les jantes sont faites de flexible branchage". 

L'horreur des tranchées est comme gommée... Mais elle est là, sournoise, qui se manifeste à travers des simulacres, comme ces exercices de défense face à des attaques au gaz (photos 3 & 4).