Il n'y avait pas beaucoup de monde dans la cour de l'école primaire de l'athénée à Waremme, vendredi. Pourtant les groupes étaient bons, certaines chanteuses déchiraient «grave», les guitaristes avaient le feeling et les batteurs étaient en transe. Entre les coups, les djembés donnaient le rythme et apprenaient à d'autres les vibrations «vaudous»... que certains n'avaient décidément pas dans le sang. Les mojitos étaient juste parfaits, les frites côtoyaient les plats togolais,... La centaine de personnes venue vendredi soir accompagnait les groupes, mais était surtout là pour soutenir un projet magnifique. « Je suis arrivé du Togo en Belgique en 1987, explique Aristide Koudaya. Quand j'y suis retourné c'était en 2009... J'avais oublié ce que c'était... » Alors avec son épouse, Pascale Brose, ils mettent sur pieds l'ONG Adomeh. Leur but ? Ouvrir une bibliothèque et une ferme pédagogique dans un village togolais. « J'ai de la famille sur place qui nous aide. Il faut avant tout éduquer. » En ce moment, un container vogue avec, dans son ventre plus de 2000 livres et du matériel agricole. Cette semaine c'est toute la famille de Pascale et d'Aristide qui prend l'avion. Dix jeunes de l'Athénée et du Collège de Waremme les accompagnent. Ils vont construire, partager, vivre l'Afrique.

« Par exemple, ma fille Aimery part avec sa guitare, elle va donner des cours sur place. Les jeunes partent un mois, et nous deux. » Les groupes sont venus gratuitement, quatre de Waremme, - dont deux jeunes partent à Adomeh - les autres de bien plus loin, comme Opalis de Couvin, qui a gardé une énergie débordante alors que le public était, à cette heure tardive, réduit à peau de chagrin...